La photographie en noir et blanc est souvent décrite comme intemporelle. En photographie ainsi que dans le domaine du cinéma, le noir et blanc procure souvent un sentiment de nostalgie. Les photographies monochromes ont une symbolique très forte et donnent l’impression de remonter dans le temps.

Il y a plus de cent cinquante ans, en 1826, la première photographie en noir et blanc, Point de vue du Gras, fut prise par le français Joseph Nicéphore Niépce. Exposée au Harry Ransom Center, cette photo représente la vue depuis la fenêtre du premier étage de la maison de campagne du photographe, en Bourgogne.

L’image est  gravée sur une plaque d’étain et recouverte de bitume de Judé, une sorte de goudron naturel, durcissant à la lumière. Il appellera  cette technique l’héliographie car elle demandait un temps d’exposition au soleil très long (de 8 à 10h).

La photographie en noir et blanc régna en maître pendant plus de 70 ans. D’abord pour des raisons techniques, car il fallut plusieurs essais afin de perfectionner les premières photos couleurs. Puis, le monde passa du gris à la couleur grâce aux premiers autochromes réalisés par les frères Auguste et Louis Lumière en 1903.

La photographie en noir et blanc n’est pourtant pas tombée dans l’oubli, bien au contraire. Elle est utilisée à des fins spécifiques, particulièrement pour les photographies engagées, et par des photographes « militants ».

Nous avons tous en tête au moins une photo en noir et blanc marquante, souvenir de nos cours d’histoire, telle que cette photographie prise par Nick Ut, le 8 juin 1972, en pleine guerre du Viêt Nam. Elle montre la jeune Kim Phuc, hurlant de douleur et fuyant le village de Trang-Bang.

Aujourd’hui encore, à l’ère du numérique, certains photographes font le choix de photographier en noir et blanc. Sylvain Lagarde, amateur de photographie depuis son adolescence, est l’un d’eux. Il a choisi la photographie en noir et blanc comme moyen d’expression poétique permettant de rendre compte du réel. Remportant le coup de cœur du Grand Prix SFR Jeune talent 2008, ses photographies sont exposées dans plusieurs villes françaises et publiées dans différents magazines. Il trouve dans l’expression photographique une alternative à l’écriture.

Sur son site, il décrit la photographie en noir et blanc comme une « épure du réel » qui s’est imposée à lui. Pour lui, le langage noir et blanc correspond à son regard sensible aux jeux de lignes et aux agencements de formes, aux lumières, aux textures, qu’il fait plus particulièrement ressortir.

En effet, la lumière joue un rôle primordial pour la photographie en noir et blanc et permet aux photographes de jouer avec les contrastes et les formes. La composition et le contraste deviennent alors des éléments clés de l’image. Sylvain Lagarde donne des conseils techniques pour une prise de vue en numérique. Il explique :

–       Ne pas se contenter d’un noir et blanc neutre et jouer éventuellement des filtres de couleurs que permettent la plupart des appareils photo. Il ajoute : rien ne vaut une conversion noir et blanc en post-traitement (via un logiciel), car celle-ci permet de faire ressortir davantage les contrastes en jouant sur les différentes couches de couleur.

–       Un bon noir et blanc repose sur une exposition. Sylvain explique qu’il est possible d’adopter deux stratégies :

Soit essayer d’avoir une exposition « radicale » en sous-exposant ou sur-exposant pour avoir une photo à caractère
Soit une exposition avec le plus de latitude possible, c’est-à-dire avec une gamme de gris riches, allant du noir au blanc
En ce qui concerne le traitement des images, Sylvain explique qu’il ne travaille qu’en RAW, et qu’il effectue le traitement de ses images chez lui par le biais d’Adobe Lightroom.




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Comment(1)
  1. By belhaj

    Bonjour
    très intéressant comme article, j’attends encore plus sur le plan créatif.
    A+

    2485 weeks ago | | Reply

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