La notion d’image nette recouvre plusieurs difficultés techniques d’origines bien différentes :

  • le bougé
  • une mauvaise mise au point
  • un mauvais choix de diaphragme
  • une sensibilité ISO mal adaptée

Le bougé

Simple en apparence, le problème du bougé peut s’avérer plus délicat à traiter que vous ne le pensez !
À main levée, vous devez tous connaître la règle de base :

  • le temps de pose doit être égal ou plus court que l’inverse de la focale.

Si vous utilisez un 300 mm le temps de pose minimum doit être 1/300 de seconde.
Avec un 50 mm, 1/50 ou plus court, 1/125,1/250…
À 1/30, vous prenez des risques… À moins d’utiliser un bon stabilisateur d’images !

Le bougé sur pied

Sur pied, c’est plus pernicieux.
Vous vous sentez rassuré par le pied et pourtant, vous pouvez avoir des surprises !
Déjà, votre pied doit être lourd et stable, surtout avec un appareil réflexe.

Un pied à 30 € sera tout juste bon pour un compact et encore, avec quelques précautions.
Avec un appareil reflex, le mouvement du miroir engendre des vibrations.

Avec une longue focale (200 ou 300 mm) et un temps de pose moyen, 1/8,1/15, sans précautions particulières, un léger bougé de vibrations suffira à faire baisser le piqué de votre photo.

Surtout si vous vous êtes contentés de fixer votre appareil photo par le boîtier uniquement, sur votre pied.
Certains objectifs de qualité sont fournis avec un écrou de pied, ce n’est pas uniquement pour faire joli !
C’est une nécessité.

Vous pouvez utiliser un deuxième pied, une jambe de force ou un appui quelconque pour rendre votre système totalement stable.

Si votre boîtier est léger (hybride, réflexe léger) et votre objectif assez lourd, il vaut mieux fixer l’objectif sur le pied, plutôt que le boîtier.

Astuce

Utilisez un déclencheur souple ou une télécommande pour déclencher sans bougé.
Pas de déclencheur souple ?
Utilisez le retardement.
2 secondes suffisent pour un compact ou bridge, un hybride avec un petit objectif.
5 ou 10 secondes pour un reflex.
Si vous pouvez le régler, choisissez un mode avec levée du miroir avant le décompte du temps. Votre système aura le temps de se stabiliser et déclencher sans vibration.

Le stabilisateur d’images

Une autre source courante d’insatisfaction est d’oublier de débrayer le stabilisateur d’images lorsque vous êtes sur pied !
Le stabilisateur d’images et conçues pour traiter un mouvement de base moyen du boîtier tenu à main levée.
Sur pied, ce mouvement de base n’existe plus, mais votre système cherche à le corriger tout de même !

Dans ce cas, c’est le stabilisateur d’images qui va créer un bougé artificiel !

Lestez votre pied photo

Si vous ne disposez pas d’un pied lourd, vous devriez systématiquement lester votre pied par un poids que vous suspendrez sous la colonne centrale.
Un certain nombre de pieds sont fourni avec un crochet, sous la colonne centrale.
Puisqu’il existe, pensez à l’utiliser…

Si vous n’en disposez pas, fixez un sac attaché avec un cordon et placez quelques pierres, une bouteille d’eau, pour lester l’ensemble.

Évitez la focale maxi !

Je sais, ça va vous faire beaucoup de peine, vous qui avez cassé votre tirelire pour avoir une focale extraordinaire !
Les zooms sont rarement bons sur la focale la plus forte, pour un 300 mm, par exemple un 100 mm-300 mm, limitez-vous à 250 mm.

Le bon diaphragme

De par leur construction, les objectifs offrent leur meilleure qualité deux à trois crans au-dessus de l’ouverture maximum.

Si votre zoom est un 100 mm-300 mm à ouverture constante f/2,8, ou un objectif à focale fixe ouvrant également à f/2,8 il y a de grandes chances pour que son meilleur rendement optique soit entre f/5, 6 et f/8.

Faites en sorte de travailler sur l’un de ces deux diaphragmes.

Si votre zoom est à ouverture glissante, du genre F/3,5-F/5,6, à 300 mm, votre meilleur diaphragme se situera entre F/11 et F/16.

Ce n’est pas forcément réjouissant, mais c’est comme ça…
Voilà pourquoi je continue à préférer les objectifs à focale fixe !

La bonne valeur ISO

Le rôle des techniciens et des gens de marketing est de pousser à la vente de matériel toujours plus époustouflant !
Passée la mode des millions de pixels, c’est maintenant le délire ISO !
12 800 ISO, 25 600 ISO est évidemment autrement plus vendeur qu’un minable capteur capable d’enregistrer à 1600 ISO…

Je ne conteste pas les progrès spectaculaires faits dans la gestion du bruit numérique.
Il est agréable de pouvoir photographier un concert et obtenir des images acceptables à 1600 ISO.

Mais pour avoir la plus haute qualité d’image possible, la recette est simple, utilisez la valeur ISO native de votre capteur.
En général, c’est la valeur ISO la plus basse permise par votre système.
100 ISO en général, 160 ou 200 ISO sur certains modèles.

La mise au point pour des images nettes…

Je viens en dernier sur ce critère auquel on pense immédiatement leurs que on a des soucis de netteté de son image.

Tout ce que nous avons vu précédemment correspond au piqué de l’image.
Le terme netteté ne devrait s’appliquer que pour la mise au point.

Toujours avec une longue focale, sur certains sujets, comme un portrait, il est essentiel de bien choisir la zone de netteté.
Pour un portrait, la netteté doit se faire sur les yeux.

Si vous recherchez la qualité optique la meilleure, le diaphragme retenu comme indiqué plus haut, doit vous fournir une profondeur de champ suffisante pour obtenir un bon résultat.

Autofocus pas toujours si net !

Dans certains cas, n’hésitez pas à repasser en mise au point manuelle pour être absolument sûr d’obtenir la netteté exactement à l’endroit où vous le souhaitez.

Appliquez point par point ces différentes recommandations et je vous garantis une amélioration parfois spectaculaire de la qualité de vos images.

 

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